L'inceste

L’inceste : un fait de plus en plus récurrent

L’inceste est l’un des sujets tabous dans la famille auquel j’ai décidé de jetter un regard objectif. Condamnée par la morale, taxée de déviance par la sociologie, l’inceste est une perversion qui musèle pratiquants, parents et victimes. Pourtant, c’est devenu un fait indéniablement récurrent dans la famille du jour au lendemain. Est-ce normal de se sentir attiré par des proches parents? Jusqu’où c’est condamnable?


Les membres d'une famille sont affectivement liés comme les doigts de la main.
© Pixabay

L’affection qui unit un géniteur à sa progéniture est quelque chose d’inné et ceci même chez les animaux. Il est donc plus que normal d’éprouver de l’affection et même de l’amour pour ceux qui ont le même sang que nous.

Me vint à l’esprit la maxime d’Aristote sur la nature de l’homme : « L’homme est un animal social » . Si ce n’étaient les agents de socialisation qui établissaient des normes, l’homme serait simplement un animal dans ses pratiques. À noter que certains animaux savent s’organiser en société… Le problème n’est donc pas là.

L’inceste, un instinct naturel ?

Il faut dire que, à un certain stade du développement de l’enfant, son attirance « naturelle » peut se porter vers un parent.

Selon Freud, le complexe d’Œdipe fixe la libido au parent de sexe opposé et déclenche une hostilité marquée envers le parent du même sexe, considéré comme un rival. Freud situe cependant le complexe d’Œdipe entre 2 et 5 ans.

Le garçon qui s’identifie au père (de qui il est jaloux des privilèges de celui-ci qui lui sont refusés) intensifie son amour pour sa mère.

Chez la fille, l’évolution vers le père, plus complexe, est préparée par les déceptions de la relation avec la mère, principalement l’absence de pénis : l’envie du pénis est remplacée par le désir d’avoir un enfant du père.

Le complexe d’Œdipe n’est pas nécessairement pathologique, il constitue une étape normale dans la croissance de l’enfant au contact du sexe opposé.

L’effet Westermarck

L’ effet Westermarck est un mécanisme naturel d’évitement de l’inceste décrit par Edvard Westermarck, (1862-1939) dans plusieurs de ses œuvres, et en particulier dans Histoire du mariage.

Selon cette théorie, frères et sœurs grandissant à proximité développent une forme d’aversion sexuelle réciproque au moment de la puberté.

En revanche, les frères et sœurs qui sont élevés en dehors développent parfois une attirance sexuelle pour l’autre quand ils se rencontrent plus tard dans la vie, le développement de ce qui est connu comme l’attraction sexuelle génétique.

Cette tendance  pourrait être remarquée chez dans les familles reconstruites parmi les proches par alliance.

Entre fantasme sexuel et l’acte lui-même

Freud ne cesse de l’évoquer : nous désirerions tous secrètement coucher avec nos parents. Plusieurs théories vont à l’encontre de cette vieille rengaine.

L’inceste est assez visible en tant que fantasme comme en témoignent les contenus incestueux dans les films de X. Allant des « fantasmes » mère/fille, beau-père/belle-fille aux ébats entre frères et soeurs par alliance, on en a plein la vue. Tout ce qu’il y a plus cru pour éveiller l’animalité en l’homme.

Selon Debra Lieberman, le cerveau diminue son seuil de tolérance aux trucs dégueulasses à chaque nouveau rapport sexuel. Lorsqu’on couche avec quelqu’un, cet échange est inévitable, « et le dégoût diminue peu à peu ».

Un autre cas de figure est l’inceste consentant. Si certains couples incestueux vivent cachés, il y a quelques années s’est ouvert le débat sur la dépénalisation de l’inceste.

Inceste et pédocriminalité

Souvent, des rumeurs, des affaires de presse font appel à l’émotion du public. Des enfants souvent en bas âge subissent en silence les assauts d’un père, d’un beau-père ou d’un grand-père.

La pédocrimininalité est devenue un fléau qui se répand sur toute la planète. La victime est contrainte de garder le silence tout en étant soumis au vice de son prédateur. Quand le silence est brisé, la victime craint encore son prédateur, même devant la justice.

Quoique l’inceste soit un tabou universel, il n’est nullement interdit par tous les systèmes de droit. Quand il est commis sans consentement, il s’agit d’un viol qu’il faut alors prouver.

En somme, nous avons compris que l’inceste serait un acte prohibé partout et de tout temps. Cependant, l’interdit de l’inceste contribue à la structuration de la société. Comme nous l’avons vu, le champ de l’inceste ne s’étend pas uniquement aux seuls consanguins.

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