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Femmes photographes
© PublicDomainPictures via Pixabay

5 femmes photographes derrière la lentille en Haïti

À travers ce billet, je mets un coup de projecteur sur le travail de cinq femmes photographes qui oeuvrent en Haïti. Selon Picfair, « seulement 2 % des photographes engagées sur des grandes campagnes commerciales sont des femmes. Seul 5 % des images utilisées par les principaux éditeurs photo sont celles prises par des femmes. Pour chaque femme ambassadrice  d’une marque de caméra, il y a six hommes. » Je ne m’y connais pas en statistique. Néanmoins, je crois que le travail de ces femmes photographes qui va être présenté ci-dessous ne peut être effacé derrière celui des hommes qui dominent la scène professionnelle.

Lauren Neal

Le 31 octobre 2007, après une nuit de fête d’Halloween avec des amis en costumes, l’aventure a commencé. Elle s’est assise dans l’autobus de l’aéroport, au petit matin, avant même que le soleil ne commence à monter au-dessus de l’horizon, lisant des notes d’encouragement de ces mêmes amis qui lui souhaitaient un voyage amusant et sûr. Vêtue d’un sweat et de Crocs bleu marine, avec sa valise à la remorque, elle était prête.

Évidemment, elle dit ne jamais oublier en descendant de l’avion, sur le tarmac, le ciel brumeux, l’air chaud, les montagnes à couper le souffle, nous entourant de tous les côtés. Les sites, les odeurs, les sons. Il ne peut pas être mis en mots.

Dix années se sont écoulées depuis qu’elle a laissé son pays, les États-Unis.  Les gens lui demandent toujours pourquoi elle aime Haïti, car pour un étranger et un natif, les raisons de ne pas aimer Haïti semblent plus évidentes que le contraire. C’est poussiéreux, il y a du monde, il fait chaud. Même les tâches simples comme un voyage à l’épicerie sont souvent épuisantes. Mais son amour pour le pays n’a rien à voir avec ces choses. Cela a tout à voir avec les gens – les gens qui l’ont cultivée, l’ont changée, l’ont façonnée, l’ont brisée et reconstruite. Les gens qui sont devenus pour toujours une partie de qui elle est.

En fait, tous ces instants sont immortalisés sur son compte Instagram :

 

Valerie Baeriswyl

En 2014, un séjour en République Dominicaine a fait découvrir à Valerie Baeriswyl les tensions entre Dominicains et Haïtiens. Cette rivalité l’a intriguée, elle a voulu connaître l’autre version des faits et s’est donc rendue à Haïti. Là, elle a fait la connaissance du «Kolektif 2D» et ce fut un véritable coup de cœur. Elle est tombée amoureuse du pays, de sa culture et aussi de ce collectif de photographes et journalistes, dans lequel elle a été si vite intégrée. L’esprit de partage et la collaboration qui y règnent lui ont plu tout de suite, d’ailleurs elle a rapidement appris à se débrouiller en créole.

Son coin préféré d’Haïti? Forêt des Pins, semble-t-il. Elle présente ce coin de terre apparemment délaissé, quoiqu’il soit aussi considéré comme un site touristique. Son surnom c’est Krakote sur Instagram. Cette photojournaliste suisse ne manque pas non plus de prendre des clichés insolites de la vie active d’Haïti.

Pour découvrir son compte Instagram, c’est ici :

Frédérique R.A MONTAS (Freda)

Fréda est une photographe native et originaire d’Haïti. Elle fait partie des rares femmes photographes évènementielles du moment. Elle travaille à son compte et couvre des mariages et fiançailles, soirées, concerts, ventes-signatures, foires et des évènements sportifs. Aussi, Fréda immortalise quelques merveilles de la faune et de la flore d’Haïti. Par ailleurs, elle adore le nu artistique (masculin).

femmes photographes
Photo prise par Freda Montas

Édine Célestin

Édine Célestin est une photographe haïtienne, née à Port-au- Prince en 1984. Elle a étudié le Travail Social à la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’État d’Haïti.

« La photographie a été un passe-temps pour elle au début : Edine Célestin voyageait beaucoup à travers Haïti et voulait ramener des souvenirs des endroits qu’elle avait visité, pour les partager. En 2005, elle a commencé un cours au CEPEC qu’elle a dû abandonner quelques mois plus tard. Elle a recommencé avec les cours en 2011 et depuis, la photographie et elle sont inséparables. En 2014, elle a suivi son premier atelier sur le photojournalisme avec Paolo Woods à Fokal et en Octobre de la même année, a lancé le collectif Kolektif 2 Dimansyon (K2D). Depuis, elle est photojournaliste et la photographie est pour elle un nouvel outil de militantisme. Sa caméra est une arme redoutable qui l’accompagne quotidiennement dans sa lutte. » (Propos recueillis sur Loop Haïti)

Aussi, elle est l’un des membres fondateurs du collectif de photographes Kolektif 2 Dimansyon (K2D)  et photoreporter au Nouvelliste.

Pour voir ses clichés, c’est ici sur son IG :

Franchement, je dois avouer que j’ai eu un peu de mal à sortir un cinquième nom. Ce n’est pas qu’il y ait moins de cinq femmes photographes en Haïti. Mais j’ai du jongler entre trois noms et choisir une préférence pour enfin sélectionner le cinquième. Ne m’en voulez pas si j’ajoute une mention spéciale à la fin. 🙈

Tatiana Mora Liautaud

Compte Facebook de la photographe

Tatiana Mora Liautaud est née à Port-au-Prince en Haïti et a déménagé en Californie du Nord où elle a étudié la psychologie et les arts visuels. En 2000, elle s’installe à Séville en Espagne et obtient sa maîtrise en gestion d’hôtels et de restaurants. Tatiana a une connaissance approfondie de l’art haïtien et a géré et aidé à organiser des expositions pour la galerie Gingerbread à Haïti et à Miami. Tatiana était la directrice générale du restaurant Sheba à Miami et a également travaillé pendant trois ans pour Art Springs, une organisation à but non lucratif qui enseigne l’écriture expressive et l’art aux femmes incarcérées dans le sud de la Floride.

En 2011, elle est retournée à Port-au-Prince où elle a travaillé comme directrice de projet pour PRODEV pendant 4 ans, une fondation haïtienne qui gère des écoles communautaires hautement performantes à travers Haïti. Tatiana est maintenant la directrice photo de Challenges Magazine, un magazine d’information hebdomadaire en Haïti.

La peinture et la photographie sont les points de vente créatifs de Tatiana.

Tatiana Mora Liautaud est membre fondateur de FotoKonbit, une organisation à but non lucratif qui enseigne la photographie en Haïti. Leur mission c’est de montrer Haïti à travers le regard de ses fils.

Pour terminer, j’ajoute une mention spéciale à Rafaelle Castera de Imagineayiti qui se donne pour mission de présenter la beauté cachée d’Haïti.

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