Haïti : commémoration d’une date anniversaire fatidique

Article : Haïti : commémoration d’une date anniversaire fatidique
7 janvier 2020

Haïti : commémoration d’une date anniversaire fatidique

Le 12 janvier 2020 marquera les dix ans du tremblement de terre de magnitude 7 sur l’échelle de Richter qui a ravagé la capitale haïtienne. Ce séisme dévastateur ôta la vie à plus de 230 000 personnes et a provoqué des dégâts évalués à 14 milliards de dollars, selon une estimation de la Banque interaméricaine de développement.

Une décennie plus tard, le pays connaît la pire crise humanitaire de son histoire. Crise politique, manifestations, grève, chômage aigu sont le lot quotidien d’une population laissée à elle-même.

Certains ont perdu une famille entière, d’autres ont perdu tout ce qu’ils avaient. Une catastrophe naturelle qui a changé la vie de beaucoup d’entre nous. Mais, qui devait changer positivement notre destin de peuple.

Que sommes-nous devenus depuis ?

La question de la reconstruction d’Haïti était au cœur des débats et sur la table des rencontres du feu président d’alors René Garcia Préval. La tragédie humaine du 12 janvier était une opportunité de changer le destin d’un peuple qui souffre gravement. Une décennie qui était censée apporter une grande urbanisation pour la capitale haïtienne. Pourtant, à quelques endroits de la capitale, le souvenir du tremblement de terre se lit sur les maisons délabrées et bâtiments affaissés. Certes, nous avons changé notre mode de construction en utilisant la méthode parasismique et des matériaux plus résistants. Néanmoins, on est loin de la grande urbanisation tant attendue.

Crédit photo : Pixabay

Haïti et l’affaire PetroCaribe

La bagatelle de 3,8 milliards de dollars US aurait été dépensée selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

Le fameux fonds PetroCaribe fournit par le Venezuela à Haïti sous la présidence de René Préval devait servir à reconstruire le pays. Michel Joseph Martelly, Jocelerme Privert et Jovenel Moïse, les trois présidents haïtiens, qui se sont succédé durant cette décennie, ont failli à cette mission.

Laurent Lamothe, Premier ministre pendant la présidence du chanteur Michel Martelly (2011-2016), s’est félicité des résultats obtenus dans un rapport de décembre 2014 qui mentionne la « transformation d’Haïti grâce à d’importants travaux de reconstruction [après le séisme de 2010] avec des fonds de PetroCaribe. » Ces fonds auraient servi à mettre sur pied des établissements gouvernementaux, des hôpitaux, des centres communautaires et des écoles, et à reconstruire l’infrastructure de base du pays, comme les routes, les ponts et les aéroports.

Paradoxalement, le rapport parlementaire dressé au sujet de l’utilisation de ces fonds prouve qu’on est loin du compte. Aussi, le mouvement dénommé « Kot Kòb PetroKaribe a » (« Où est l’argent du PetroCaribe ? ») est le plus grand mouvement jamais déclenché dans le pays.

Parmi les personnalités épinglées dans la liste des corrompus figurent le nom de l’actuel président Jovenel Moïse qui clame son innocence avec sang-froid. Nous assistons au procès du siècle en Haïti pendant que la vie ici est quasiment impossible. Une grande partie de la jeunesse haïtienne ne vise rien d’autre que de partir loin d’ici sans aucune volonté manifeste de retour au bercail.

Crédit photo : Pixabay

Hommage à ceux qui sont partis avant nous

Nos pensées vont directement à ceux qui sont morts dans le séisme. On croyait que la vie serait mieux après eux. Tout au moins, ils auraient représenté le sacrifice humain qui aurait expié quelle faute aurions-nous commis. La mort d’un homme représente la mort de tout homme. Personnellement, je n’ai pas perdu un proche dans l’événement. Quand ça pourrait être moi ou tout autre. Partir sans dignité pour qu’au moins les générations futures vivent mieux. Tel devrait être le meilleur hommage à ceux qui sont partis… J’allumerai une bougie noire en souvenir de vous !

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